Mercredi 13 juin 2007

1. Pas besoin de vous changer 

A la table des invités d'honneur, il y aura au moins un type en jogging, et les autres en tenues de ville. Donc laissez le costard au placard, et coulez-vous dans le moule.

+1 pour la décontraction

2. Pas besoin de vous changer bis (pour nous les femmes)
Ne vous souciez pas trop de la robe qui pourra le mieux faire ressortir vos diverses opulences et dévoiler vos couleurs d'albâtre, la mariée se charge du spectacle. Elle changera entre deux et cinq fois de robe durant le repas et s'attaquera sans relâche aux canons du bon goût, pour votre plus grand plaisir.
 +1 pour les paillettes
 3. Vous pouvez prévoir autre chose après 
Le dîner de mariage commence vers 17h30. Les premiers convives s'esquivent au bout de deux heures. Vous restez donc entièrement disponible pour votre soirée.

+1 pour votre agenda

4. Vous êtes l'invité d'honneur 

 Si vous êtes "foreigner", vous serez la cible des convoitises les plus audacieuses. Ne tombez pas dans les pièges tendus et veillez à laisser au jeune couple son espace. Au père de la mariée ("le Premier Saoûl") déjà éméché, qui vous dit qu'il aurait préféré que sa fille vous épouse, vous le riche industriel, plutôt que l'autre punk écervelé, répondez d'un très sobre : "Je sais, grand-père".
Vous éviterez ainsi l'épreuve du papy qui perd la face parce qu'un laowai a refusé sa fille.

+1 pour votre capital guanxi

5. Vous n'avez pas à discuter avec vos voisins

On vous a placé à la table des amis du marié. Ils sont tous diplômés d'université aux Etats-Unis ou en Australie, et parlent anglais couramment. Rassurez-vous, il ne vous adresseront pas la parole. Mais ils se relaieront pour trinquer avec vous tout au long du dîner.

+1 pour la tranquilité

6. Vous retrouvez vos rêves de gosse

Tout ce que vous avez rêvé de kitsh va ressurgir brusquement. Feux d'artifices à l'intérieur de la salle de réception, hélicoptère télécommandé transportant les alliances jusqu'aux mariés, ballons à l'hélium, loterie, jeux crétins. Bref un mic-mac de cérémonie "traditionnelle" (musique concon, robe de mariée, alliances) et d'inventions engendrées par quelques cerveaux malades en manque évident de repères culturels. Un délice.

+1 pour le divertissement

7. Vous apprenez tous les ragots

Si vos voisins de table ne sont pas très loquaces, il n'en est pas de même pour certains convives qui vous parleront ouvertement de leur déception vis-à-vis du mariage ou bien des divers sujets de fâcheries entre les deux familles. Ca nécessite tout de même d'avoir un traducteur si votre mandarin est limité, ou bien de lourds efforts de concentration si vous êtes tout seul. Mais ça vous garantit une franche rigolade à la clé, sans compter un avantage déterminant dans vos futures conversations.

+2 pour votre capital guanxi

8. Vous mangez bien

Pas la peine d'en dire plus, ils savent mettre les petits plats dans les grands pour ces occasions.

+1 pour la gastronomie

9. Vous aurez votre quart d'heure de gloire

Au milieu d'un propos enflammé sur la nécessité des Chinois de pardonner les erreurs de Nankin à leurs cousins nippons, devant des convives sérieusement imbibés. Ou bien lorsque l'on vous tendra le micro pour cette fameuse chanson française que toute la salle réclame en hurlant. Il arrivera un moment. Ce moment où vous prendrez soudain conscience que l'attention est fixée sur vous, que l'audience est pendue à vos lèvres, ce moment sera le vôtre. Les 15 minutes promises par Warhol.

+1 for the money +2 for the show ...

10. Vous gagnez le ticket du match retour 
Après ce premier moment de grand divertissement, vous êtes inévitablement invité à un autre mariage. Le cousin de la mère du marié a bien rigolé avec vous, et il veut que vous lui montriez de nouveau vos capacités de résistance à l'alcool lors du mariage de sa fille le mois prochain. Félicitations ! Vous venez d'entrer dans le cercle de confiance. Répondez à son invitation poliment en lui proposant de relever un peu le niveau: pariez sur le nombre de bouteilles de vin rouge qu'il pourra boire. Un conseil: ne le défiez pas sur le bai jiu, ce serait courir à votre perte.

par Matclair publié dans : Chine
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Dimanche 20 mai 2007
Lac QInghai
Un jour passé sur les rives du lac de Qinghai, le plus grand de Chine, dans l’Ouest désert. Un voyage étonnant et surnaturel, à 3500 mètres d’altitude, autour d’un lac de 4500 km² qui s’assèche irrémédiablement depuis des années. Magnifique paysage, désertique, de plaine et de solitude. L’air qu’on respire est aussi pauvre que les bergers qui hantent ses rives. Le lac est immense, bleu et froid. Et salé, trop salé. Une seule espèce de poisson peut y survivre, mais la pêche en est interdite. Le lac est une beauté froide, terrifiante et intouchable, que ses habitants craignent pour n’avoir jamais pu la domestiquer. Ce lac meurt lentement, dans le silence. D’ici moins d’un siècle il aura disparu, les principaux cours d’eaux l’alimentant étant taris depuis des lustres.

Yacks au bord du lac
Mais, en ce lac qui s’endort grandit la malédiction. Ce lac qui a été empoisonné par les hommes, souillé par leur radioactivité. Réduit à la stérilité sourde, il s’est transformé en un lieu maudit, qui a donné un aperçu de sa force il y a deux ans, en tuant une centaine de personnes et des milliers d’oiseaux, devenant un foyer de H5N1. Il infecte les populations riveraines de sa radioactivité et provoque cancers et malformations chez les nouveau-nés.


C’est une déesse vengeresse, glacée et implacable. Les habitants nous racontent que l’hiver le lac gèle entièrement, redonnant calme et tranquillité à ses rives. Mais au dégel, chaque année, lors d’une nuit bien particulière, froide et sans vent, une armée de milliers d’hommes semble combattre un ennemi invisible. Les habitants, du fond de leurs tentes, entendent les affrontements, si proches d’eux : coups, craquements et heurts comme autant d’épées s’entrechoquant, donnent à la nuit seule le spectacle de leurs terribles combats. Le lendemain matin, s’aventurant près des rives, les habitants découvrent la surface bleue et mouvante du lac revenu à la vie, après le sacrifice de ces milliers de soldats luttant sur sa couche de glace. Une nuit, une terrible nuit a suffi pour nettoyer complètement le lac de toute glace.

Goéland
En continuant le périple autour du lac, après les bergers et les oiseaux, nous nous enfonçons encore plus à l’ouest, imaginant quelles étendues nous attendent après ces montagnes du lointain. Combien de jours de voyage encore après l’horizon, avant de trouver au sud les contreforts du Tibet, à l’Ouest les steppes immenses du Xinjiang, au Nord les sables vides de la Mongolie.

Yack
En cette terre damnée et fascinante, nous ne sommes encore qu’au commencement de ces régions autonomes que la Chine a annexées mais dont la rudesse extrême l’a défié de jamais pouvoir les plier à sa volonté. A défaut de les former à sa guise elle a décidé d’y envoyer ceux qu’elle veut former, offrandes malades à la dureté de ces contrées. Ainsi nous apercevons complexes médicaux perdus, établissements pénitentiaires mystérieux et centres de désintoxication isolés pour les esprits corrompus ou malades de la grande Chine. Murailles et protections sont inutiles dans ces immenses plaines où l’on peut lire le terrain comme une carte et voir sans obstacle à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Police
Pour nous, c’est maintenant l’hésitation. Le Tibet est là, à portée de touché. Le train vers Lhassa, qui coupe l’Himalaya à plus de 4000 mètres d’altitude est proche. Il suffirait de 200 kilomètres jusqu’à la gare la plus proche et de 26 heures de train, à travers ces paysages qu’on ne peut même pas imaginer, pour fouler enfin le sommet du monde. Mais c’est trop fou, trop soudain, nous reculons devant l’immensité des promesses pour en préférer d’autres, celles des déserts Mongols…

Influence tibétaine
par Matclair publié dans : Chine
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Samedi 21 avril 2007

A voir, une rétrospective édifiante sur les grandes dates de l'Empire du Milieu.

Ce qui me permet d'introduire le très acide blog Sinocidal, à lire au second degré.

Bonne lecture

par Matclair publié dans : Chine
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Lundi 16 avril 2007

On va reparler de bus aujourd’hui.

Et là vous vous dites: «mais ce type écrit un blog sur les bus!». Et bien sachez que j’en suis capable: je m’y connais ‘achement maintenant que je passe une heure et demie tous les jours à «commuter» à leur bord. J’ai découvert, grâce à l’esprit sportif de mes amis chauffeurs, qu’un bus peut faire plein de trucs chouettes dont: griller les feux, déraper en travers, sauter (si les conditions sont réunies) et Jean passe.

Pour récompenser l'excellence de ses chauffeurs, la Chine vient de lancer un super bus afin de les doter d’un destrier à la mesure de leur talent. Un monstre de 25 mètres de long, atteignant 80 km/h et pouvant emporter 300 passagers, avec seulement 40 sièges! Vision toute chinoise du remplissage des transports en commun. Pour comparaison, un bus normal fait 13 mètres de moins.

Ce bus entrera en service sur la liaison Hangzhou-Beijing, soit un trajet d’environ 2000km. Ça va se battre pour les places assises.


Il existe un autre moyen de se rendre à Beijing. C’est le grand canal. Construit selon la légende hangzhounaise par un empereur qui voulait pouvoir voyager jusqu’à Hangzhou en emmenant ses concubines de rechange en cas de crevaison (le voyage durait plusieurs mois). Il s'étend(ait) sur 10 fois la longueur du canal de Suez. Autre époque, même idée.

par Matclair publié dans : Chine
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Mercredi 6 septembre 2006

Fin de l’été. Résumé des épisodes précédents.

Depuis mon retour en France en janvier, je me suis attelé au menu fretin des cours pendant quelques semaines, j’ai  ensuite eu la chance d’avoir une autre mission très intéressante pendant mon stage de fin d’études. Et ni vu connu, diplôme en poche, je me suis retrouvé avec une mignonne propo d’embauche et la perspective d’un début de carrière chez un grand nom de la métallurgie. Il suffisait de mettre en sourdine mes velléités asiatiques pendant quelques temps en attendant une nouvelle fenêtre de tir. Dans le monde économique « globalisé » actuel, celle-ci finirait bien par réapparaître. Une bonne opportunité, ça se saisit au vol, comme chacun le sait. Et celle-là en était une excellente.

Mais le mois d’août de réflexion généreusement alloué a eu raison des arguments bien ficelés, et de la promesse d’une carrière débutant sous de généreux auspices. L’idée d’une autre mission en Chine, avec son lot de découvertes, de déconvenues, de surprises, d’expériences nouvelles, et la perspective d’approfondir linguistiquement et professionnellement ma connaissance du Chinois ont pris le dessus.  

Bref, je me rejette à l’eau tant qu’elle est encore chaude, encouragé par la vision peu glorieuse des amis enfourchant déjà la grande roue du métro, ikéa, clio grise, boulot, siège bébé, ipod, abonnement à géo, etc…

Trèves de plaisanteries, il y a énormément à faire en Chine, et j’ai bien l’intention de mettre à profit l’expérience que j’ai déjà eu la chance d’y accumuler.

Mon choix est fait. Je suis donc à la recherche d’un poste en Chine. VIE ou autre.

Je suis ingénieur généraliste, spécialisé dans le génie industriel. Mon champ d’action va de la gestion de production à la maîtrise de la chaîne logistique (supply chain) dans son ensemble, en passant par l’audit et l’optimisation des installations et procédés, l’amélioration continue et son lot de méthodes (5S, 6 Sigma, TPM, Qualité Totale, JIT, mise en place de moyens de suivi). Mon stage de fin d’études portait sur la mise en flux tiré d’une chaîne de production pour un métallurgiste. En Chine, j’ai travaillé sur des problèmes de gestion de stock, et sur la mise au point d’un logiciel de collaboration. J’ai également une expérience dans les achats industriels « low costs » pour un équipementier automobile.

Si vous voulez en savoir plus, recevoir mon CV ou bien discuter des opportunités existant en Chine, vous pouvez me contacter à l’adresse email suivante: 2005.in.asia@gmail.com. Et si vous connaissez quelqu'un qui connaît quelqu'un qui...  parlons-en!

A très bientôt.

Mathieu

par Mathieu publié dans : Chine
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