Vendredi 3 août 2007

La rivière Qiantang, à Hangzhou, accueille ce phénomène journalier. Une vague se forme dans l’estuaire de Hangzhou et remonte la rivière à contre-courant, deux fois par jour. La vague prend alors de l’ampleur au fur et à mesure que les rives se resserrent. Les rives ne sont pas bien aménagées et tous les ans, au moment des fortes marées, on dénombre des victimes parmi les populations riveraines.
Hier ce sont 34 personnes qui ont été emportées. Principalement des migrants travaillant sur un site de construction près de la rivière. A qui on n’a sûrement pas pris la peine d’expliquer le risque, et la conduite à adopter près de ces rives dangereuses. 22 d’entre elles ont réussi à regagner la berge. 11 ont disparu dont un adolescent. Quatre corps ont été retrouvés pour l’instant.

J’avais assisté à un festival de la lune, célébrant le passage de cette vague aux environs de l’équinoxe de septembre. Le festival était quelques jours en avance sur la vague d’ampleur maximale, afin de limiter les risques. Ce mascaret est vraiment dangereux, c’est le plus grand du monde. Jusqu’à 9 mètres de haut et 40 km/h (selon wikipedia).


(ici l'estuaire fait encore plus d'un kilomètre de large)

Le 3 octobre 1993, la vague blessait 27 personnes, en tuait 19 et emportait 40 disparus.

par Matclair publié dans : Hangzhou
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Mercredi 21 mars 2007
On trouve deux sortes de bus à Hangzhou, comme ailleurs en Chine. Les climatisés-chauffés et les frigo-l’hiver-four-l’été. Chacun porte un numéro de un à trois chiffres, précédé de la lettre K pour les climatisés et de rien du tout pour les autres, circulez!

L’un de ces bus affichait fièrement le numéro K155 l’année dernière. J’avais trouvé la chose plaisante : en lisant les chiffres comme des lettres, ça donne « KISS ». Cette petite particularité fort innocente rompait discrètement le paysage urbain et apportait une touche romantique bien maladroite aux carrefours anonymes de Hangzhou. Content de ma trouvaille inutile, j’avais à l’époque l’esprit serein de celui qui sait, et je pensais avec bienveillance aux myriades d’inconnus qui empruntaient sans le savoir le « Love bus ».






Depuis mon retour, au hasard des transports (comprenez: au volant d'une QQ), le souvenir de ce bus m’est revenu et j’ai été surpris de ne pas le retrouver dans la circulation. En furetant quelque peu, j’ai appris que la ligne avait été suspendue. Un petit pincement au cœur. Le K155 était parti, emportant avec lui un jeu de mot urbain dont je me croyais l’unique amateur. Mon orgueil s’est bien vite dégonflé : la fin du cocasse engin avait été saluée par la presse et sa dernière tournée fut un adieu célébré par tous. Les couples de la ville s’étaient passés le mot pour une dernière virée romantique à son bord.

Au temps pour mon ego de poète des villes solitaire.

 

 

par Matclair publié dans : Hangzhou
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Samedi 20 janvier 2007

Meilleurs vœux à tous pour cette nouvelle année ! Quel que soit le calendrier, je suis sûr d’être bon : je suis à cheval entre le nouvel an chrétien et le chinois !

 

 

Le gouvernement de Hangzhou a récemment annoncé une bonne nouvelle pour les étrangers résidents. A partir du premier janvier 2007, les détenteurs d’un permis de conduire international ou délivré par un pays occidental, peuvent conduire un véhicule dans les rues de cette belle cité. A nous les avenues aux noms si bien inspirés !

Petit florilège traduit bêtement : La rue de la rivière du milieu, la rue près du lac, celle de la mer plate, de la montagne du nord, la digue de Yanggong, la grande rue du lac de l’ouest, la rue de la montagne de l’œil dans le ciel, celle de la montagne pas sèche, du courant de l’ouest, la route de l’ancien jade, les rues des caractère un, deux et trois, la rue du dragon jaune, la route de l’ancien marécage…

 

 

Il me semble que cette mesure généreuse est déjà en vigueur à Shanghai, mais je ne parierais pas mon vélo pliable là-dessus.

 

 

Quoi qu’il en soit, faites chauffer les QQ et les Santana, accrochez vos moumoutes au volant, vos coussins Snoopy et Hello Kitty, ça va slalomer serré entre les Dong Feng bleus !

 

 

par Matclair publié dans : Hangzhou
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Jeudi 30 novembre 2006

Je suis de retour en Chine, à Hangzhou de nouveau, depuis un mois.

Cela a fait remonter les souvenirs d’il y a deux ans, lorsqu’on partait vers l’inconnu. Les bagages, les visas, l’aéroport, le transit par Bahreïn, l’arrivée, les sensations, la foule, les odeurs, le nouvel an chinois…


La deuxième fois, c’est complètement différent, même si rien n’a changé, ou si peu. Le voyage passe comme un nuage. La Chine est vraiment à deux pas. Malgré la soirée d’adieu, les copains qui me déposent au terminal, le flou du départ, tout paraît plus calme. Même les imprévus : le groupe de touristes en retard, on nous demande de vérifier nos billets –  il n’y a déjà plus de place libre alors que l’embarquement n’est pas terminé.


Le vol, si long la première fois, est expédié le temps de quelques chapitres de roman, d’un petit somme, et d’une nuit qui ne dure que quatre heures. L’approche finale ronge à petit feu quelques passagers Chinois qui se ruent sur les coffres à bagages dès que les roues ont touché le sol, faisant peu de cas des protestations des hôtesses.


Et puis l’arrivée, les cigarettes se rallument, le brouhaha reprend. L’impression d’être venu ici hier, et de ne rester que pour la journée avant de retrouver son lit en France. Cette impression est tenace et mettra quelques semaines à s’estomper. La Chine change très vite. Pourtant, dix mois d’absence ne sont pas suffisants pour le constater à mon retour. Les immeubles sont là, quelques-uns sont peut-être nouveaux, je ne sais pas, je ne suis pas perdu.

J’étais là hier.


Pas de choc. Il fait doux, j’ai quitté une France qui fraichissait. Ici c’est pour plus tard. Hangzhou est sous la même latitude que le Caire. Par contre, le ciel m’intéresse plus que la première fois. Pas de gros nuages, mais un voile jaunâtre qui diffuse une lumière poussiéreuse. On l’a traversé en avion. Il est épais de plusieurs centaines de mètres, posé directement sur le sol, à perte de vue. Rien donc entre la Terre et les nuages ici, le ciel est ailleurs.


La première semaine passée à l’hôtel, je me suis ensuite trouvé un appartement au prix d’un weekend de visites, et d’une autre semaine de négociations. J’ai vu des taudis à prix d’or et des appartements pour cinq personnes dans mes moyens. Ce n’est pas évident, je me suis fait aider par des locaux. Le nombre de pièces est moins une variable fixe qu’en France. Pour un prix donné, on peut tout trouver, c’est ce qui rend la recherche touffue.


Confortablement installé près du lac de l’Ouest, le long d’une colline boisée, je suis à quelques minutes des bureaux de mon entreprise, mais à plus d’une heure de l’usine. Tant mieux, je couperai les ponts avec le travail en rentrant le soir. Et je préfère me lever au son des (rares) oiseaux que des tractopelles. Je vais me trouver un vélo pour faire le tour du lac le weekend.


Je prends le rythme, et je me remets au chinois, bon an mal an.

Un mois déjà.


Pourtant, pas de temps perdu en un mois : j’ai assisté à un mariage, visité un grand ponte à l’hôpital, revu les copains et copines, ainsi que mon ancien patron, j’ai été malade deux fois, ce qui m’a renvoyé à l’hôpital, j’ai embauché 3 types pour le même poste, qui ont déjà tous mis les voiles, j’ai mangé chinois, français, coréen, japonais, et pas un seul macdo. Il a pas mal plu aussi, j’en suis à mon troisième parapluie.

L’hiver est là depuis 2 jours, il fait froid maintenant, les pluies ont cessé mais l’humidité restera. Et au Caire, quel temps fait-il ?


par Matclair publié dans : Hangzhou
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Vendredi 24 février 2006

Bonjour à tous,

merci pour vos commentaires. J'ai retrouvé un caleçon bordeaux, ça va être juste pour tenir un an, mais les troupes sont motivées.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu certains. Et je vous avoue que mon retard de lecture dépasse depuis longtemps les limites de la décence.

Il faut en plus y ajouter les "nouveaux" (pour moi) comme Isamu et Taifeng. Celui-ci va se fendre d'une traversée sibérienne, qui m'avait un temps tentée. Celui-là rentre en France pour un moment. A suivre donc.

J'en profite pour vous rappeler le petit commentaire laissé par Elodie, qui recherche des bloggers expatriés pour participer à une émission présentée par l'illustre radiophoniste Marc Menant.

J'ai aussi reçu ce mail sur le même sujet:

Bonjour,

Pour une émission intitulée « Le monde au quotidien » et diffusée sur la chaîne de télévision française Direct8, nous recherchons des autochtones francophones ou des français vivants a l'étranger volontaires pour nous parler via webcam de la vie quotidienne dans leur pays.
L'émission se déroule de la façon suivante :

L'animateur, Marc Menant sur le plateau s'entretient via webcam avec un invité a l'étranger qui lui parle de la vie quotidienne de son pays. L'invité aura préalablement envoie (par Internet) des photographies de son choix relatives sa ville, son pays, son univers (nourriture, fêtes locales, habitations, monuments, paysages etc..). Ces photos illustrent la conversation.

Pour participer a cette émission il faut pouvoir accéder a une webcam (domicile, cybercafé), pouvoir envoyer des photographies numériques et être disponible entre 1130 et 1230 (heure française). C'est une émission très ludique qui permet aux téléspectateurs de découvrir d'autres cultures a travers les yeux de l'invité.

Si vous étés intéresses ou que vous avez les coordonnées d'un francophone a l'étranger qui pourrait accepter, vous pouvez nous contacter a l'adresses suivante :

lemondeauquotidien@direct8.net
+33 1 46 96 49 79

PS : pour vous renseigner sur l'émission vous pouvez consulter le site www.direct8.fr et la regarder en direct de 1130 à 1230 heure française du lundi au vendredi.

Merci & Très cordialement,


Andy Ngan
L'équipe du Monde au quotidien


J'ai pensé un moment à faire un petit canular, en direct de mes pentes volcaniques bougnates. Avec un peu de mise en scène et un ou deux autochtones alcoolisés, j'aurais pu faire passer la terre auverpine pour un coin pas banal de cette Chine qu'on connaît si peu.

Au lieu de celà, je me concentre sur ma préparation physique et mentale pour un exil en pays corrézien. En effet, je vais bientôt y louer mes services de grand faiseur de kanban et de PIC. Ca va être l'épreuve du feu industriel, avant le terrible combat contre le fourbe CPE. Ca promet...

par Matclair publié dans : Hangzhou
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Mardi 25 octobre 2005
Pour les impatients, ma sélection de photos de Taiwan est désormais en ligne ici

Embarquement assez tôt le matin pour le bus vers Taitung, environ 300 kilomètres plus au sud. J’avais le choix entre emprunter la route côtière pour profiter de la vue, où celle s’engageant dans une vallée.

J’ai opté pour la côte, le pacifique ça vous gagne !
Me voilà donc en compagnie d’une bonne douzaine de vieux presque tout secs, direction plein sud, sur une route magnifique que j’aurai aimé parcourir par moi-même. Mais la location de voiture n’étant pas au budget, ce sera pour la fois prochaine.

mon bus rempli de vieux

Profitant de ce trajet pour feuilleter les prospectus glanés à l’office du tourisme, je constate que le littoral offre une multitude de points de vue recommandés. Mais le bus n’a pas l’air de faire dans les arrêts « découverte ». Nous passons quelques un de ces lieux de visites, enfin d’après ma carte et mon estimation du kilométrage. Bon à première vue, ça va, je n’ai pas l’impression de manquer grand-chose. C’est du paysage marin. Je vois ça de ma fenêtre et comme ça je peux roupiller un brin, après cette courte nuit.

plage

Plus tard, cependant, j’aperçois à distance une formation intéressante : une île reliée au continent par un pont farfelu. Sortant de ma torpeur, je hèle le chauffeur et lui fait comprendre instamment mon désir soudain de fouler la terre de ses pères et d’en embrasser pleinement la beauté. J’arrive même à lui faire faire un petit détour pour qu’il ne me jette pas trop loin de l’île.

san sian tai

L’île s’appelle San Sian Tai, ce qui veut bien dire ce que ça veut dire.
J’y fais donc halte, graciant mon bon cocher, rebaptisé Gaston pour la peine. Première grosse séance photo depuis le début du séjour. Le site est fantastique, le ciel et la mer sont parfaits, les montagnes sont coiffées de leur chapelet de nuages blancs. Je me fais une exploration en bonne et due forme de cette charmante île, mitraillant ce qui doit l’être, et grimpant ce qui s’y prête.

petit pont qui tenait

pecheurs

pacifique

Ne voyant pas le temps passer, il se fait bientôt dans les 4 heures de l’après-midi. Je me mets en quête d’un moyen de transport pour poursuivre mon chemin vers Taitung. Les bus sont rares, très rares ; pour patienter je retourne sur les abords de l’île et y fait la rencontre de deux compères taiwanais. En vadrouille d’affaires pour leur entreprise, ils font le tour de l’île en voiture pour faire la revue de leurs troupes de ville en ville. Ils m’invitent à me joindre à eux jusqu’à la prochaine ville. Nous partons donc joyeusement, les deux lurons sont déjà à la bourre mais décident néanmoins de me faire plaisir en s’arrêtant pour contempler une curiosité touristique. Je ne me rappelle plus du nom chinois mais ça voulait dire « l’eau qui coule vers le haut » (water running up). Et effectivement mes yeux incrédules ont assisté à ce phénomène prodigieux. De l’eau jaillit du sol et coule ensuite dans une rigole en pente, mais dans le sens de la montée. Un lâché d’herbe dans le flot confirmera ce fait étonnant. C’était un message à caractère informatif.

Etant maintenant superbement en retard, ils décident de m’embarquer avec eux pour leur rendez-vous. Et me voilà bien vite, dans la salle de réunion d’un entrepôt de Taitung, fauteuil en cuir, service à thé classieux, en short, baskets et bob du vietnam, à siroter tranquillos mon petit thé pendant que ça cause gros sous. L’hospitalité des Taiwanais n’est donc pas un mythe s’il était besoin de le répéter : la directrice de l’entrepôt n’a même pas cillé en me voyant arriver le sourire jusqu’aux oreilles, les bottes pleines de terre, pour fouiller dans son frigo. J’exagère mais elle a été charmante, je n’ai rien compris à leur business mais c’était très relax.

reunion relax

Rincé par ma journée, j’arrive enfin dans un hôtel où mes compagnons me disent au revoir.
Sachant que je devais reprendre un train d’au moins six heures le lendemain pour retourner passer la nuit à Taipei, je ne me fais pas beaucoup d’illusions quant aux possibilités qui s’offrent à moi pour la journée du lendemain, surtout qu’il n’y a pas beaucoup de trains
Je demande quand même à tout hasard à la réceptionniste. Il y a bien une île pas loin, et un ferry à 8 heures du matin, retour à 14 heures. Parfait tout ça, j’achète.
Le lendemain, magnifique journée qui me voit sauter dans un ferry made in France, que les taiwanais vont se faire un plaisir de saccager. Pour un peuple d’insulaires je ne m’attendais pas à trouver d’aussi piètres marins. Je n’exagère pas en parlant d’un sac à vomi sur quatre utilisé. Marrant comme les mousses, d’authentiques chinois aux visages burinés par les assauts salins de l’air du large, passaient fièrement dans les rangs, arborant un sourire tabarlique en tendant les sacs aux touristes.
Touchant enfin terre sur « Green Island » je loue illico presto un scooter, puisque telle semble être la règle d’usage, et me voilà en route pour un tour de cette île grandiose autrefois utilisée pour isoler les prisonniers politiques.
Je laisse les images parler d’elles-mêmes pour ce lieu qui marque le point extrême de mon voyage à Taiwan, le point le plus au Sud-est que j’ai pu atteindre.

ma monture

green island

sources chaudes
Juste le temps de patauger dans une source d'eau salée chaude, l'une des 3 seules au monde

far far away

Après cette apothéose, tout ne sera plus que voyage de retour : bateau, train, bus, taxi et avion vers Hangzhou. Le temps de repasser une courte nuit à Taipei prendre une dernière fois la mesure de cette ville qui me reverra si les vents sont favorables...

retour
par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Samedi 22 octobre 2005
Une avalanche de notes ces jours-ci. Rassurez-vous ça ne durera pas, je suis à Shanghooze ce weekend, normalement ça se met en ligne tout seul. Je récupère mes parents et mes 2 frangins dimanche matin là-bas, et nous filerons vers Beijing pour quelques jours. Au souvenir de nos précédents voyages familiaux il devrait y avoir de l'anecdote croustillante.

Le sujet du jour : inauguration de mon entreprise par le gratin provincial.
J’en vois déjà qui pouffent devant cette évocation quasi-culinaire. Tremblez donc, misérables ! Ma province, le Zhejiang (débrouillez-vous pour prononcer), est la plus riche et la plus dynamique de Chine. Je ne rentrerai pas dans les détails, tout simplement parce qu’ils me sont étrangers, mais sachez que chaque province est dirigée par un gouvernement. Et que ce gouvernement ne se déplace pas pour empapaouter des diptères, comme dirait l’autre. Il y avait donc du beau monde, du genre qui a taillé sa carrière politique à coups de bidons d'essence.

les pontes

Pour assurer un max, on nous avait fait répéter auparavant le tomber de rideau, censé dévoiler aux yeux des caméras le nom de notre entreprise : 15 caractères chinois collés sur le mur, excusez du peu.

entreprise


Fanfares et jolies hôtesses étaient bien entendu de la fête, et tout ce beau monde s’en est donné à cœur joie pour fournir à tous un moment de qualité, empreint d’un patriotisme ému. Je n’ai pas compris les discours des huiles, ça parlait beaucoup de Hongkong et du Zhejiang, c’est tout ce que je peux dire.

hotesses

fanfare

Un petit détail marrant, que Charly a découvert. Les huiles gouvernementales jouissent évidemment d’une voiture de fonction allemande ou américaine, au coffre suffisamment profond pour contenir des choses que la morale réprouve: cordes, pelles, bidons, bouteille de vin rouge, chaux vive, etc. Et lesdites voitures sont immatriculées en fonction de la place du fonctionnaire dans l’administration. Nous avions donc l’immense privilège d’accueillir messieurs numéro 2 et 16, entre autres.

numero uno

Sur la photo vous pouvez constater que le numéro 1 était garé devant le restaurant. Nous n’aurons pas le privilège de le rencontrer. Trop gros dossier, surtout pour nous. 

Venons-en au fait, le repas. Un moment dont seuls les chinois ont le secret. A part à la table des seigneurs, nous autres les simples serfs, avons fait fi de tout protocole. Les pontes, eux, ont passé tout le repas à se faire trinquer les uns les autres, et à faire le tour des 80 convives en s’arrêtant à chaque table pour faire « Gambei ». Nombre de mes collègues n’ont pas attendu que les chefs leur tendent le verre, et ont gouleyé comme des sauvages. Il y avait de la bière, du vin rouge chinois, et une sorte de yop, il paraît que ça fait fureur dans les plaines de l’Ouest (véridique, c’est pas seulement pour le jeu de mot Yoghourt/Ouïgour). Bref les chinois se sont mis pompette. Ca me fait quelques photos compromettantes dans mes petits dossiers.

boissons
(vous pouvez aperçevoir les cartons de yop)

Pendant le repas, on se demande qui invite tout le monde, réponse : notre entreprise. Il y a un allemand très sympa à table, il se fout de nous en disant qu’on va se récupérer des coupes salariales le mois prochain, ou bien qu’on va passer à la caisse à la fin du repas.
Que n’avait-il dit, ce malheureux ! A la fin du repas, on vient nous voir, Charly et moi : « bon les gars y a pas assez, va falloir allonger». Si c’est pas de la bonne perte de face de son chinois, ça ? L’entreprise qui ne peut même pas assurer un repas. On a vidé nos poches avec Charly, il leur manquait 1500 RMB, je ne sais pas où ils ont trouvé le reste.
La honte ! Et l’Allemand, hilare, qui jubilait…

apres le repas

Retour à l’entreprise, en taxi, puisque le bus de l’aller, c’était juste pour montrer au gouvernement qu’ils traitaient bien leurs employés. Et là, deuxième effet kisscool : un chinois aux toilettes qui maudit le pinard (et probablement son métabolisme asiatique), et une poignée d’autres qui pioncent sur leur table. Aucune tenue, bref c’était déplorable.

après-midi

En fin d’après-midi, voulant s’esquiver discrètement, on se fait coincer par notre professeur, qui saisit l’occasion pour retourner boire un coup avec nous, il a l’air rincé par sa journée de politiquement correct. Au final ça nous a fait passer quelques moments qui seront parmi les derniers seul à seul avec lui. Il ne revient pas souvent par ici, et c’est toujours l’occasion d’écouter un bonhomme qui a fait un bon bout de chemin autour du monde et dans sa carrière.



par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Mercredi 19 octobre 2005
Le temps passe si vite et je n’ai pas encore repris mon récit.
Après mes 2 jours et demi à Taipei, il était temps de prendre la route pour explorer cette île. Un petit tour par l’office du tourisme de la gare centrale, afin de choisir une destination de qualité et c’était parti.

dans le train

Un premier trajet en train vers la ville de Hualien sur la côte Est, me fera apercevoir des paysages que les montagnes volcaniques de Taipei ne faisaient qu’esquisser jusqu’alors. Le panorama offre des vues fascinantes de monts serrés formant tantôt une vallée, tantôt un littoral escarpé.

côte pacifique une première pour moi!

Le ciel, gonflé de ces nuages tout blanc que je n’ai plus vu depuis des mois dans ma province polluée, s’est métamorphosé au cours de mon trajet. Partant d’un bleu éclatant souligné par les nuages, il a pris petit à petit une tournure plus menaçante, annonçant peut-être la proximité du géant Pacifique qui allait bientôt m’apparaître.

montagnes de taiwan

L’arrivée à la gare de Hualien se fera dans une atmosphère étrange, sous un ciel noir laissant tout de même voir le bleu azur à l’horizon:

arrivée à Hualien, impressionnante.

N’ayant pas de plan précis, je m’en suis remis aux bons services de l’office du tourisme. La gentille hôtesse m’annonça, ainsi qu’à un groupe d’allemands présents, que le parc national de Taroko, dont le bureau de Taipei m’avait largement vanté les mérites, était fermé pour cause de typhon. Pour la coordination entre les équipes on repassera.
Pas grave, je n’avais rien prévu. Encore un avantage de la zéro organisation.
(Note pour analyse ultérieure: ma famille en visite la semaine prochaine partagera-t-elle cette opinion avant-gardiste?)

J’ai donc passé la fin de l’après-midi et la soirée dans cette étrange ville de Hualien. Elle n’est pas loin de Taipei pourtant, mais elle a vraiment un air de ville du bout du monde.
Ce genre de ville recluse acculée à l’océan, qu’on ne voit que dans Thalassa. Les femmes y maudissent la mer qui leur a pris tant de maris, les hommes redoutent le prochain gros grain et se préparent pour la campagne de pêche, les enfants jouent sur les digues de protection contre les tempêtes…

au bord du pacifique

J’exagère un brin, mais le fait d’arriver juste après le typhon était sûrement pour quelque chose dans cet ambiance irréelle. En ajoutant à cela la vue de nuages descendant des hautes montagnes pour arroser la ville ainsi que les innombrables aéronefs militaires qui patrouillaient dans le ciel, ça donnait l’impression que si quelque chose de grave ne s’était pas déjà produit, ça n’allait pas tarder à arriver.

dégâts du typhon

Très gaulois ça, d’écrire autant de lignes sur un ciel menaçant...

hualien by night

Mes pas sur le remblai m’ont conduit vers une petite fête foraine locale, après avoir soigneusement raté un supposé spectacle de danse quelque part sur le port. La fête n’étant qu’en préparation, je papote quelques temps avec un chauffeur de taxi qui m’offre des bières. Son anglais étant au même niveau que mon chinois, ça donne une communication intermittente mais marrante. Et puis j’avais mon petit dico de chinois, qui est le seul dictionnaire de poche à systématiquement manquer de contenir le mot qu’on veut m’expliquer. Dans un élan de sympathie, comme je m’y suis habitué avec les taiwanais, il m’emmène en ville puisque les festivités n’ont pas l’air de s’activer. Laissé  dans une petite rue, je suis rentré au hasard dans un karaoké (je ne l’ai compris qu’après, rassurez-vous). Le temps de m’asseoir et qui voilà passant la porte : la bande d’Allemands de l’office du tourisme ! Eux aussi se sont fait piéger par l’allure pub anglais et boiseries et n’ont découvert l’énorme écran de télé et les deux micros que trop tard. Qu’à cela ne tienne, ça a été l’occasion pour eux de s’initier à cette discipline non sans avoir rechigné un bon bout de temps.

allemands ktv

Et si vous vous demandez pourquoi ma journée s’est résumée à un petit voyage en train et une courte balade dans la ville, ceux qui me connaissent auront déjà la réponse.
Je me suis levé tard à Taipei ! Vadrouiller avec les Coréens et autres Taiwanais avait un prix à payer.


Donc ce soir-ci : coucher relativement pas trop tard (1h30… diantre) compte tenu du karaoké allemand, pour une longue descente en bus le lendemain.

Les vieux sages de la ville pendant ce temps-là, auscultent les cieux et les flots en se demandant ce qu'ils mettront comme cravate pour l'interview de Georges Pernoud...


taichi face à l'ocean
par Mathieu publié dans : Hangzhou
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