Comme j’ai passé la majeure partie du vendredi à questionner les gens sur tel ou tel endroit à visiter, ça en a motivé quelques uns à me suivre. Ma prof de chinois s’est donc mise en tête de préparer tout ça.
Et nous voilà doté d’un plan de bataille pour samedi et dimanche : Shuangxi driftage puis Lingshan Fantasy Cave.
La première règle pour une visite à la chinoise, c’est de se lever odieusement tôt. Que les lieux de visites soient relativement éloignés ou pas, dans les deux cas il faudra beaucoup de temps pour y aller. Les trajets routiers sont une plaie.
Mais ce n’est pas l’unique raison. Nos visites du week-end se sont toutes deux terminées en début d’après-midi. Il y a donc une grosse part de sadisme, tout simplement.
La deuxième règle, c’est de connaître quelqu’un sur place. Etant voituré par les gentils parents de ma prof, je me suis laissé guider. Non sans frayeur au passage, puisque le patriarche était particulièrement malhabile au volant de sa rutilante VW Santana. Innombrables calages et dépassements dangereux sont le lot quotidien de ce chevalier des temps modernes. Sa famille partageait mon inquiétude.
Par contre, une fois arrivé à bon port, le vieux nous révéla ses atouts cachés. Une poignée de main joviale et quelques secondes d’attente lui suffirent pour nous faire entrer gratuitement dans le parc de Shuangxi, malgré la longue file d’attente pour les billets. Idem pour prendre une sorte de charrette à destination de la rivière. Pas d’attente pour notre homme. Son secret : un cousin guide sur place.
Lors du déjeuner, j’apprendrai que mon excellent hôte est un honnête fonctionnaire, portant haut les couleurs communistes et ne comprenant pas vraiment que la jeunesse se détourne désormais de son idéal, pour préférer les stars de la télé et les MacDo. Un témoin d’un changement de société auquel il ne participera pas. Une relique.
Cela dit, j’aurai pu m’en douter quand j’ai vu le pendentif Mao accroché au rétro.
Shuangxi driftage est une attraction très touristique : la descente d’une portion de rivière en bateau de bambou. Les bateaux partent par paquets de quinzaines, pour que les gens restent ensemble et puissent s’arroser joyeusement. C’est plutôt malin. Sans cela, ce serait une promenade charmante mais assez dénuée d’intérêt.
La suite de la visite est du même acabit. Des attractions diverses et pas vraiment en rapport avec la région permettront entre autres à l’audacieux visiteur de s’envoler en ballon vers les cieux.
L’auguste touriste pourra également développer son coup de pédale, et par la même occasion fournir une eau cristalline au faux lavoir du faux village.
Vous vous en doutez je garde le meilleur pour la fin.
Un stand de tir à l’arc offrira l’occasion au valeureux touriste, pour l’indigeste somme de 10 yuans les 5 flèches, de prouver sa bravoure et sa précision.
Un arc, deux options.
L’émérite visiteur peut tendre ses sens, son esprit et ses traits vers le centre de la grosse cible.
Mais il peut également opter pour une version sport, qui régalera les petits et les grands. Le champ de tir étant peuplé de quelques poules hardies, un tir habile et précis permet à l’heureux archer de gagner son repas du jour.
Malgré tous nos efforts et la promesse d’un met délicieux, les poules s’en sont tirées sans égratignure. Ce n'est pas une blague, un petit écriteau disait clairement que tout volatile abattu serait un cadeau de la maison. "Any Prey is a gift to you if hunted. Objects outside the yard, Persons or the Sky are never your targets."
Tant pis, nous sommes repartis penauds, broucouilles.
Cependant grâce aux bons conseils du père coco, nous avons pu nous restaurer dans un excellent boui-boui. Uniquement d’animaux attrapés dans le coin : sangliou chassé dans les montagnes, poissons et crabes de la rivière et tofu qui pue.
Une très bonne journée, qui s’est clôt pour ma prof par une séance de shopping hangzhouien (aidez-moi là) avec sa mère, laissant le père repartir gaillardement vers le domicile.
Quant à moi, et bien je jetai mon dévolu sur la pagode de Baochu et ses rochers peuplés de chinois sauteurs. Avant d’entamer un samedi soir sur les bords du lac.
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