Mardi 25 octobre 2005
Pour les impatients, ma sélection de photos de Taiwan est désormais en ligne ici

Embarquement assez tôt le matin pour le bus vers Taitung, environ 300 kilomètres plus au sud. J’avais le choix entre emprunter la route côtière pour profiter de la vue, où celle s’engageant dans une vallée.

J’ai opté pour la côte, le pacifique ça vous gagne !
Me voilà donc en compagnie d’une bonne douzaine de vieux presque tout secs, direction plein sud, sur une route magnifique que j’aurai aimé parcourir par moi-même. Mais la location de voiture n’étant pas au budget, ce sera pour la fois prochaine.

mon bus rempli de vieux

Profitant de ce trajet pour feuilleter les prospectus glanés à l’office du tourisme, je constate que le littoral offre une multitude de points de vue recommandés. Mais le bus n’a pas l’air de faire dans les arrêts « découverte ». Nous passons quelques un de ces lieux de visites, enfin d’après ma carte et mon estimation du kilométrage. Bon à première vue, ça va, je n’ai pas l’impression de manquer grand-chose. C’est du paysage marin. Je vois ça de ma fenêtre et comme ça je peux roupiller un brin, après cette courte nuit.

plage

Plus tard, cependant, j’aperçois à distance une formation intéressante : une île reliée au continent par un pont farfelu. Sortant de ma torpeur, je hèle le chauffeur et lui fait comprendre instamment mon désir soudain de fouler la terre de ses pères et d’en embrasser pleinement la beauté. J’arrive même à lui faire faire un petit détour pour qu’il ne me jette pas trop loin de l’île.

san sian tai

L’île s’appelle San Sian Tai, ce qui veut bien dire ce que ça veut dire.
J’y fais donc halte, graciant mon bon cocher, rebaptisé Gaston pour la peine. Première grosse séance photo depuis le début du séjour. Le site est fantastique, le ciel et la mer sont parfaits, les montagnes sont coiffées de leur chapelet de nuages blancs. Je me fais une exploration en bonne et due forme de cette charmante île, mitraillant ce qui doit l’être, et grimpant ce qui s’y prête.

petit pont qui tenait

pecheurs

pacifique

Ne voyant pas le temps passer, il se fait bientôt dans les 4 heures de l’après-midi. Je me mets en quête d’un moyen de transport pour poursuivre mon chemin vers Taitung. Les bus sont rares, très rares ; pour patienter je retourne sur les abords de l’île et y fait la rencontre de deux compères taiwanais. En vadrouille d’affaires pour leur entreprise, ils font le tour de l’île en voiture pour faire la revue de leurs troupes de ville en ville. Ils m’invitent à me joindre à eux jusqu’à la prochaine ville. Nous partons donc joyeusement, les deux lurons sont déjà à la bourre mais décident néanmoins de me faire plaisir en s’arrêtant pour contempler une curiosité touristique. Je ne me rappelle plus du nom chinois mais ça voulait dire « l’eau qui coule vers le haut » (water running up). Et effectivement mes yeux incrédules ont assisté à ce phénomène prodigieux. De l’eau jaillit du sol et coule ensuite dans une rigole en pente, mais dans le sens de la montée. Un lâché d’herbe dans le flot confirmera ce fait étonnant. C’était un message à caractère informatif.

Etant maintenant superbement en retard, ils décident de m’embarquer avec eux pour leur rendez-vous. Et me voilà bien vite, dans la salle de réunion d’un entrepôt de Taitung, fauteuil en cuir, service à thé classieux, en short, baskets et bob du vietnam, à siroter tranquillos mon petit thé pendant que ça cause gros sous. L’hospitalité des Taiwanais n’est donc pas un mythe s’il était besoin de le répéter : la directrice de l’entrepôt n’a même pas cillé en me voyant arriver le sourire jusqu’aux oreilles, les bottes pleines de terre, pour fouiller dans son frigo. J’exagère mais elle a été charmante, je n’ai rien compris à leur business mais c’était très relax.

reunion relax

Rincé par ma journée, j’arrive enfin dans un hôtel où mes compagnons me disent au revoir.
Sachant que je devais reprendre un train d’au moins six heures le lendemain pour retourner passer la nuit à Taipei, je ne me fais pas beaucoup d’illusions quant aux possibilités qui s’offrent à moi pour la journée du lendemain, surtout qu’il n’y a pas beaucoup de trains
Je demande quand même à tout hasard à la réceptionniste. Il y a bien une île pas loin, et un ferry à 8 heures du matin, retour à 14 heures. Parfait tout ça, j’achète.
Le lendemain, magnifique journée qui me voit sauter dans un ferry made in France, que les taiwanais vont se faire un plaisir de saccager. Pour un peuple d’insulaires je ne m’attendais pas à trouver d’aussi piètres marins. Je n’exagère pas en parlant d’un sac à vomi sur quatre utilisé. Marrant comme les mousses, d’authentiques chinois aux visages burinés par les assauts salins de l’air du large, passaient fièrement dans les rangs, arborant un sourire tabarlique en tendant les sacs aux touristes.
Touchant enfin terre sur « Green Island » je loue illico presto un scooter, puisque telle semble être la règle d’usage, et me voilà en route pour un tour de cette île grandiose autrefois utilisée pour isoler les prisonniers politiques.
Je laisse les images parler d’elles-mêmes pour ce lieu qui marque le point extrême de mon voyage à Taiwan, le point le plus au Sud-est que j’ai pu atteindre.

ma monture

green island

sources chaudes
Juste le temps de patauger dans une source d'eau salée chaude, l'une des 3 seules au monde

far far away

Après cette apothéose, tout ne sera plus que voyage de retour : bateau, train, bus, taxi et avion vers Hangzhou. Le temps de repasser une courte nuit à Taipei prendre une dernière fois la mesure de cette ville qui me reverra si les vents sont favorables...

retour
par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Samedi 22 octobre 2005
Une avalanche de notes ces jours-ci. Rassurez-vous ça ne durera pas, je suis à Shanghooze ce weekend, normalement ça se met en ligne tout seul. Je récupère mes parents et mes 2 frangins dimanche matin là-bas, et nous filerons vers Beijing pour quelques jours. Au souvenir de nos précédents voyages familiaux il devrait y avoir de l'anecdote croustillante.

Le sujet du jour : inauguration de mon entreprise par le gratin provincial.
J’en vois déjà qui pouffent devant cette évocation quasi-culinaire. Tremblez donc, misérables ! Ma province, le Zhejiang (débrouillez-vous pour prononcer), est la plus riche et la plus dynamique de Chine. Je ne rentrerai pas dans les détails, tout simplement parce qu’ils me sont étrangers, mais sachez que chaque province est dirigée par un gouvernement. Et que ce gouvernement ne se déplace pas pour empapaouter des diptères, comme dirait l’autre. Il y avait donc du beau monde, du genre qui a taillé sa carrière politique à coups de bidons d'essence.

les pontes

Pour assurer un max, on nous avait fait répéter auparavant le tomber de rideau, censé dévoiler aux yeux des caméras le nom de notre entreprise : 15 caractères chinois collés sur le mur, excusez du peu.

entreprise


Fanfares et jolies hôtesses étaient bien entendu de la fête, et tout ce beau monde s’en est donné à cœur joie pour fournir à tous un moment de qualité, empreint d’un patriotisme ému. Je n’ai pas compris les discours des huiles, ça parlait beaucoup de Hongkong et du Zhejiang, c’est tout ce que je peux dire.

hotesses

fanfare

Un petit détail marrant, que Charly a découvert. Les huiles gouvernementales jouissent évidemment d’une voiture de fonction allemande ou américaine, au coffre suffisamment profond pour contenir des choses que la morale réprouve: cordes, pelles, bidons, bouteille de vin rouge, chaux vive, etc. Et lesdites voitures sont immatriculées en fonction de la place du fonctionnaire dans l’administration. Nous avions donc l’immense privilège d’accueillir messieurs numéro 2 et 16, entre autres.

numero uno

Sur la photo vous pouvez constater que le numéro 1 était garé devant le restaurant. Nous n’aurons pas le privilège de le rencontrer. Trop gros dossier, surtout pour nous. 

Venons-en au fait, le repas. Un moment dont seuls les chinois ont le secret. A part à la table des seigneurs, nous autres les simples serfs, avons fait fi de tout protocole. Les pontes, eux, ont passé tout le repas à se faire trinquer les uns les autres, et à faire le tour des 80 convives en s’arrêtant à chaque table pour faire « Gambei ». Nombre de mes collègues n’ont pas attendu que les chefs leur tendent le verre, et ont gouleyé comme des sauvages. Il y avait de la bière, du vin rouge chinois, et une sorte de yop, il paraît que ça fait fureur dans les plaines de l’Ouest (véridique, c’est pas seulement pour le jeu de mot Yoghourt/Ouïgour). Bref les chinois se sont mis pompette. Ca me fait quelques photos compromettantes dans mes petits dossiers.

boissons
(vous pouvez aperçevoir les cartons de yop)

Pendant le repas, on se demande qui invite tout le monde, réponse : notre entreprise. Il y a un allemand très sympa à table, il se fout de nous en disant qu’on va se récupérer des coupes salariales le mois prochain, ou bien qu’on va passer à la caisse à la fin du repas.
Que n’avait-il dit, ce malheureux ! A la fin du repas, on vient nous voir, Charly et moi : « bon les gars y a pas assez, va falloir allonger». Si c’est pas de la bonne perte de face de son chinois, ça ? L’entreprise qui ne peut même pas assurer un repas. On a vidé nos poches avec Charly, il leur manquait 1500 RMB, je ne sais pas où ils ont trouvé le reste.
La honte ! Et l’Allemand, hilare, qui jubilait…

apres le repas

Retour à l’entreprise, en taxi, puisque le bus de l’aller, c’était juste pour montrer au gouvernement qu’ils traitaient bien leurs employés. Et là, deuxième effet kisscool : un chinois aux toilettes qui maudit le pinard (et probablement son métabolisme asiatique), et une poignée d’autres qui pioncent sur leur table. Aucune tenue, bref c’était déplorable.

après-midi

En fin d’après-midi, voulant s’esquiver discrètement, on se fait coincer par notre professeur, qui saisit l’occasion pour retourner boire un coup avec nous, il a l’air rincé par sa journée de politiquement correct. Au final ça nous a fait passer quelques moments qui seront parmi les derniers seul à seul avec lui. Il ne revient pas souvent par ici, et c’est toujours l’occasion d’écouter un bonhomme qui a fait un bon bout de chemin autour du monde et dans sa carrière.



par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Mercredi 19 octobre 2005
Le temps passe si vite et je n’ai pas encore repris mon récit.
Après mes 2 jours et demi à Taipei, il était temps de prendre la route pour explorer cette île. Un petit tour par l’office du tourisme de la gare centrale, afin de choisir une destination de qualité et c’était parti.

dans le train

Un premier trajet en train vers la ville de Hualien sur la côte Est, me fera apercevoir des paysages que les montagnes volcaniques de Taipei ne faisaient qu’esquisser jusqu’alors. Le panorama offre des vues fascinantes de monts serrés formant tantôt une vallée, tantôt un littoral escarpé.

côte pacifique une première pour moi!

Le ciel, gonflé de ces nuages tout blanc que je n’ai plus vu depuis des mois dans ma province polluée, s’est métamorphosé au cours de mon trajet. Partant d’un bleu éclatant souligné par les nuages, il a pris petit à petit une tournure plus menaçante, annonçant peut-être la proximité du géant Pacifique qui allait bientôt m’apparaître.

montagnes de taiwan

L’arrivée à la gare de Hualien se fera dans une atmosphère étrange, sous un ciel noir laissant tout de même voir le bleu azur à l’horizon:

arrivée à Hualien, impressionnante.

N’ayant pas de plan précis, je m’en suis remis aux bons services de l’office du tourisme. La gentille hôtesse m’annonça, ainsi qu’à un groupe d’allemands présents, que le parc national de Taroko, dont le bureau de Taipei m’avait largement vanté les mérites, était fermé pour cause de typhon. Pour la coordination entre les équipes on repassera.
Pas grave, je n’avais rien prévu. Encore un avantage de la zéro organisation.
(Note pour analyse ultérieure: ma famille en visite la semaine prochaine partagera-t-elle cette opinion avant-gardiste?)

J’ai donc passé la fin de l’après-midi et la soirée dans cette étrange ville de Hualien. Elle n’est pas loin de Taipei pourtant, mais elle a vraiment un air de ville du bout du monde.
Ce genre de ville recluse acculée à l’océan, qu’on ne voit que dans Thalassa. Les femmes y maudissent la mer qui leur a pris tant de maris, les hommes redoutent le prochain gros grain et se préparent pour la campagne de pêche, les enfants jouent sur les digues de protection contre les tempêtes…

au bord du pacifique

J’exagère un brin, mais le fait d’arriver juste après le typhon était sûrement pour quelque chose dans cet ambiance irréelle. En ajoutant à cela la vue de nuages descendant des hautes montagnes pour arroser la ville ainsi que les innombrables aéronefs militaires qui patrouillaient dans le ciel, ça donnait l’impression que si quelque chose de grave ne s’était pas déjà produit, ça n’allait pas tarder à arriver.

dégâts du typhon

Très gaulois ça, d’écrire autant de lignes sur un ciel menaçant...

hualien by night

Mes pas sur le remblai m’ont conduit vers une petite fête foraine locale, après avoir soigneusement raté un supposé spectacle de danse quelque part sur le port. La fête n’étant qu’en préparation, je papote quelques temps avec un chauffeur de taxi qui m’offre des bières. Son anglais étant au même niveau que mon chinois, ça donne une communication intermittente mais marrante. Et puis j’avais mon petit dico de chinois, qui est le seul dictionnaire de poche à systématiquement manquer de contenir le mot qu’on veut m’expliquer. Dans un élan de sympathie, comme je m’y suis habitué avec les taiwanais, il m’emmène en ville puisque les festivités n’ont pas l’air de s’activer. Laissé  dans une petite rue, je suis rentré au hasard dans un karaoké (je ne l’ai compris qu’après, rassurez-vous). Le temps de m’asseoir et qui voilà passant la porte : la bande d’Allemands de l’office du tourisme ! Eux aussi se sont fait piéger par l’allure pub anglais et boiseries et n’ont découvert l’énorme écran de télé et les deux micros que trop tard. Qu’à cela ne tienne, ça a été l’occasion pour eux de s’initier à cette discipline non sans avoir rechigné un bon bout de temps.

allemands ktv

Et si vous vous demandez pourquoi ma journée s’est résumée à un petit voyage en train et une courte balade dans la ville, ceux qui me connaissent auront déjà la réponse.
Je me suis levé tard à Taipei ! Vadrouiller avec les Coréens et autres Taiwanais avait un prix à payer.


Donc ce soir-ci : coucher relativement pas trop tard (1h30… diantre) compte tenu du karaoké allemand, pour une longue descente en bus le lendemain.

Les vieux sages de la ville pendant ce temps-là, auscultent les cieux et les flots en se demandant ce qu'ils mettront comme cravate pour l'interview de Georges Pernoud...


taichi face à l'ocean
par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Vendredi 14 octobre 2005

Bonjour à tou(te)s,

Chloé de Hangzhou me fait suivre un petit jeu, décrit comme suit :
- Allez dans vos archives.
- Trouvez votre 23eme note (ou la plus proche)...
- Retrouvez la 5eme phrase (ou la plus proche).
- Postez cette phrase avec ces instructions.
- Passez la main à 5 personnes.
Cette phrase est censée représenter votre blog... ;-)

 
Bon ça paraît fastoche comme ça. Ah non tiens je n’ai que 21 notes sur ce blog !
Tant pis je vérifie sur mon ancien site... 21 février 2005, 23ième note. Encore raté, je n’ai que 2 phrases dans cette note. Ca se complique ! Je regarde la 24ième (la plus proche), ça parlait de fagwa
, et la cinquième phrase est donc :
« Il en a mangé en France et a été très surpris d'en trouver en Chine »

C’est très moyen ça. En plus c’est l’ancien blog, ça ne compte pas.

Je suis dans une impasse. La règle veut que j’utilise la note la plus proche de ma 23ième, c’est la 22ième : celle que je suis en train d’écrire. On tourne en rond là !
Donc je vous propose un truc, je fais suivre ce jeu à 5 personnes. Mais j’ajoute une ligne aux règles du jeu, puisque je n’ai pas encore de 5ième phrase à ma 23ième note, ce sera à vous de m’en inventer une selon votre bon plaisir.
Il m’incombe d’incorporer celle-ci au sein de ma prochaine note (qui devrait traiter de mes péripéties taiwanaises).

- inventez une phrase pour le fourbe qui vous a envoyé ce jeu. Il devra l’inclure dans sa prochaine note.

Si chacune de ces personnes me renvoie une phrase, je m’engage à les insérer dans ma note.
Je fais donc suivre ça
- à Nico
- à Julien
- à Olivier
- à Hesiem
- à Cris
- et puis comme de toute façon, j’ai déjà bien mis le foutoir dans ce jeu, j’envoie aussi au vieux Manu qui vient d’ouvrir son blog

Et pour la peine, je vous mets aussi une photo de ce que j’ai mangé l’autre soir, c’est moins joli que chez Cris, mais c’était bon.

qu'est-ce?

par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Mardi 11 octobre 2005
Edit: Nouvelle perte d'articles, vos commentaires sont tous perdus. Ne me demandez pas pourquoi. Ne demandez pas non plus à Over-blog... 

Allez zou! Je vous raconte un peu tout ça.


J’ai donc visité Taiwan pendant la semaine nationale chinoise. Une semaine de vacances offerte aux chinois depuis quelques années. La bonne blague c’est que comme on part un vendredi soir, ça fait 7 jours de vacances au lieu de 5. Au retour il faut donc bosser le week-end.

Je suis arrivé à Taipei samedi en fin d’après-midi, pendant le typhon.
Première blague à l’aéroport, le premier type au bureau de change m’annonce avec un air malade que sur le territoire de Taiwan je ne pourrai pas échanger mes RMB chinois. C’est ce qu’on appelle une coupe drastique de mon budget voyage, vu que j’avais retiré uniquement des biftons chinois pour l’occasion. Il me restait tout de même ma carte de crédit et son petit plafond.
Après une recherche laborieuse et par grand vent de la bonne auberge conseillée par didber, je me suis fait embarquer par 2 néo-zélandais, direction les nuits taiwanaises. Oui un samedi soir par typhon, j’ai suivi la première piste tangible vers un peu d’action. Je vous passe les détails, mais j’ai trouvé là ce qu’on m’avait promis, la perle de l’Orient (je n’ai pas déjà utilisé cette expression quelque part?). Très bonne nuit qui m’a fait découvrir des gens ouverts et déjà tellement différent des chinois continentaux. Ca rappelle Hongkong.

Theatre national

Un réveil tardif le dimanche me lancera dans les rues détrempées à la recherche d’un moyen d’échanger mes Mao contre de la fraîche locale. Pas mal de temps perdu à ça, en vain. Pour ensuite découvrir que beaucoup d’endroits étaient fermés à cause du typhon. J’ai quand même pu parcourir le mémorial de Chiang Kai Shek, héros national du boutage de communiste et bon gros dictateur à ses heures.

Chian Kai Shek Museum

Un couple de coréens et un québécois rencontrés dans le métro auront été mes compagnons de route, de déconvenue en déconvenue, non sans quelques visites agréables comme le temple de Longshan, le night market de Hwahsi et un très bon massage des pieds. Une bonne occasion de constater qu’on ne peut pas marchander un massage, mais que l’acharnement paye : la traductrice s’occupera personnellement de mes petons, parce qu’un client exigeant et manifestement rompu aux techniques, ça se dorlote.

night market

Après s’être fait jeter de Taipei 101 (la grosse tour au milieu), nous sautons dans un taxi qui nous fera vivre un grand moment de n’importe quoi.
Le type, que nous supposons à moitié saoul, est en tout cas complètement à l’ouest…

… Je laisse les rigolos commenter un instant…

Et je poursuis… Les coréens, n’étant probablement pas dotés du même métabolisme que leurs voisins asiatiques, se trouvent être de sérieux gouleyeurs.  Ils s’étaient donc mis en tête de finir cette journée de visite par un pot de l’amitié dans une petite taverne recommandée par leur bouquin coréen. Et me voilà en train de dicter l’adresse au chauffeur. Et oui, mes amis n’étant pas familier du mandarin, ils se sont mis dans la tête que je l’étais et m’ont coiffé de la casquette d’interprète.
Après m’avoir vu répéter 4 fois de suite « 什么 ? » (quoi ?) d’un air concerné alors que le type devait probablement me demander mon âge ou bien ce que je faisais à trimballer des coréens et un laowai, ils ont vite repris leur casquette en se marrant…
Le chauffeur était un peu agité du ciboulot, et nous menait par monts et par vaux en faisant semblant de chercher son chemin, un doigt sur la bouche et l’œil triste. Il s’arrêtait temps en temps pour éclairer les numéros de rue à grands coups de projo. Il avait une torche énorme bricolée pour être alimentée par câble avec la voiture. Un truc de malade, j’ai joué un peu avec, effrayé quelques passants, puis j’ai décidé que je devais rattraper ma piteuse performance linguistique. J’ai fait comprendre au chauffeur qu’il fallait qu’il arrête de faire son marlou, qu’on n’allait pas payer pour ses détours. Le type était vraiment ennuyé, ça sentait la perte de face à plein nez. Pour compenser il usait sans retenue de son klaxon fait maison, ce machin faisait le même bruit que la corne du Queen Mary II! Mais je n’ai pas pu jouer avec, dommage.
Pour finir, notre adresse était fausse, donc le chauffeur n’a pas perdu la face et on a pu terminer ce dimanche soir à philosopher autour d’un tonneau de Taiwan Beer.

Bon je me suis un peu étendu sur cette anecdote moisie. Et en plus je n’ai pas pris beaucoup de photos, les coréens ayant mitraillé, je récupérerai ça bientôt.

Le lundi aura été beaucoup plus efficace, avec la visite du formidable National Palace Museum. J’y ai exploré une collection immense d’art chinois (la plus vaste au monde), avec des pièces magnifiques de jade, spécialité de Taiwan et des sculptures d’ivoire impressionnantes. Ca m’a occupé une bonne partie de la journée.

premier traité politique de l'histoire... gravé dans un bol de riz! il fallait s'y attendre

Puis, voulant en finir avec cette fichue Taipei 101, je m’y suis rendu bien décidé en fin d’après-midi. Comment ne pas passer par cette étape obligée, après avoir escaladé tant de glorieux édifices asiatiques au cours de mon année : de la superbe tour de Shenzhen à la skyline de Victoria Harbour en passant par le cocktail le plus haut d’Asie dans l’excellent bar open roof du Banyan Tree de Bangkok, il me fallait ce must !

taipei 101Taipei vu de la tour

J’y ai fait la rencontre d’un autre couple de coréens ainsi que de leur hôte taiwanais. Invité chaleureusement à suivre leur péripéties, je me suis vite retrouvé à l’arrière d’une béhème, filant à toute allure vers la ville côtière de Keelung, où notre ami local était bien décidé à nous faire goûter toutes les spécialités culinaires locales. 5 restaurants de rue plus tard, complètement rassasiés après entre autres une omelette aux huîtres, du crabe, des bols de soupes en tous genres et une  bolée de glace pilée mélangée à des boulettes de tapioca (merci Cris) et pois verts, nous revoilà dans la béhème pour un retour express vers Taipei.

Mes amis du moment

Sur le trajet ils discutent un bon moment de la prochaine étape et me demandent un peu gênés si je veux aller clapoter dans les sources chaudes des montagnes. Je ne vois pas le problème, je leur dis que oui, sans problème. Ils insistent. « Tu sais les étrangers n’aiment pas trop ça, c’est un truc d’asiatique, si tu veux on va ailleurs » Je les rassure, où qu’ils aillent du moment qu’on se poile, je suis partant. Le mot était juste puisqu’ils m’expliquent finalement qu’il faut s’y baigner nu…
La bonne blague ! C’était notre lot quotidien à Shenzhen.
Nous voilà donc en route vers les hauteurs de la ville. Au passage, les coréens sont terrorisés par la conduite du taiwanais, alors que je la trouve beaucoup plus proche des standards européens : ça roule vite en ville mais sans faire d’impair au code. En Chine c’est plus lent, mais sans aucun respect pour la vie humaine…
Les hot springs sont très agréables, les coréens me raconteront que leur malade de pote les a emmené là la nuit du typhon. Tout volait dans tous les sens, et ils barbotaient tranquille au milieu…

Une bonne partie de rigolade, pour résumer, dans cette ville qui m’a énormément plu. L’une des plus agréables que j’ai pu visiter en Asie. J’en reparlerai en épilogue après le récit de ma descente le long de la côte est.
Il y aura de la photo poétique, de l’allemand au karaoké, du covoiturage par les taiwanais, de la source chaude encore, du business meeting et du scooter dans les îles…
Gardez l’écoute, c’était pas très culturel mais je ferai fois la prochaine mieux  :)

La côte est

par Mathieu publié dans : Hangzhou
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