Mercredi 31 août 2005
Paru hier : le voyage vers Hokkaido de Camille.

2000km en moto. Un appareil photo et une tente pour seuls bagages.

A l’arrivée, un album photo à couper le souffle : un voyage hors des sentiers battus, comme certains en ont toujours prêché les mérites...

camille's bike in the hills


De plus, ça me permet de soulever un problème de photographie. Vous verrez que certaines de ses photos sont teintées d'une couleur violacée. Notamment les photos prises en forêt... J'ai exactement le même problème pour mes photos.

Comment remédier à cela? Avis aux amateurs.


par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Vendredi 26 août 2005
Comme le samedi c'est un levé à 7h qui m'attendait en cette belle journée de dimanche.
Mon groupe de chinois, à savoir Ken, Joy et Liccal (ou quelque chose d'approchant), était particulièrement peu dégourdi question orientation, mais je mets bien volontiers ça sur le compte de l'heure matinale. Cela nous a valu un peu de flottement dans les correspondances de bus, mais rien de périlleux.


Les caves de Lingshan sont étrangement peu fréquentées en comparaison des attractions du lac. C'est bien dommage puisqu'elles sont gigantesques et très impressionnantes à explorer. Tant mieux pour nous puisque comme ça, pour une fois en Chine, "y avait pas foule".

Autant le dire tout de suite, le gros point noir de ces caves est tout simplement la façon absolument kitschissime dont elles ont été aménagées pour recevoir des visiteurs. C'est du n'importe quoi à la chinoise.
Pour les présenter rapidement, ce sont d'authentiques merveilles de géologie, alternant les concrétions les plus surprenantes: stalactites, retenues d'eau, colonnes, excentriques, bénitiers et stalagmites monumentaux ornent les différentes caves sur plusieurs milliers de mètres carrés. L'une des caves atteint 1,5 km de long. Leurs parois sont de surcroît gravées de versets Tang ou Song. Elles ont été redécouvertes seulement en 1982 et ouvertes au public 3 petites années plus tard.

salive de dragon
Ici une inscription disant: "Salive de dragon".

stalagmite
Le stalagmite en photo ci-dessus est le 2ième plus gros du monde, du haut de ses 25 mètres.

Point besoin de poursuivre ce recopiage des pages de mon guide pour vous faire saisir à quel point ces grottes sont majestueuses.

Et ces schtroumpfs-là ont été nous coller des éclairages bleus, verts et mauves dans tous les coins. Je trouve ça plutôt pathétique et l'ambiance en prend un coup. On ne peut plus vraiment se demander ce qui se passait dans ces grottes il y a un ou deux millénaires. Tous ces néons de mauvais goût, ça fait plutôt Tuning Show. Enfin à vous de juger:

neons

kiiitsch
Quand je vous disais que c'était kitsch

Une visite que je recommande néanmoins. Two thumbs up pour Lingshan, c'est pas du fake et c'est très divertissant. Info pratiques pour s'y rendre: bus n°510 à Youdian Lu. Attention il ne faut pas le louper, il est rare. Idem pour le retour.

Revenu tranquillement vers Hangzhou, je déambulai sans but dans les artères pendant un certain temps avant de tomber sur un petit coin de France qui allait m'occuper pour la fin de l'après-midi.

carrefour
par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Lundi 22 août 2005
Comme j’ai passé la majeure partie du vendredi à questionner les gens sur tel ou tel endroit à visiter, ça en a motivé quelques uns à me suivre. Ma prof de chinois s’est donc mise en tête de préparer tout ça.

Et nous voilà doté d’un plan de bataille pour samedi et dimanche : Shuangxi driftage puis Lingshan Fantasy Cave.

La première règle pour une visite à la chinoise, c’est de se lever odieusement tôt. Que les lieux de visites soient relativement éloignés ou pas, dans les deux cas il faudra beaucoup de temps pour y aller. Les trajets routiers sont une plaie.

Mais ce n’est pas l’unique raison. Nos visites du week-end se sont toutes deux terminées en début d’après-midi. Il y a donc une grosse part de sadisme, tout simplement.

La deuxième règle, c’est de connaître quelqu’un sur place. Etant voituré par les gentils parents de ma prof, je me suis laissé guider. Non sans frayeur au passage, puisque le patriarche était particulièrement malhabile au volant de sa rutilante VW Santana. Innombrables calages et dépassements dangereux sont le lot quotidien de ce chevalier des temps modernes. Sa famille partageait mon inquiétude.

Par contre, une fois arrivé à bon port, le vieux nous révéla ses atouts cachés. Une poignée de main joviale et quelques secondes d’attente lui suffirent pour nous faire entrer gratuitement dans le parc de Shuangxi, malgré la longue file d’attente pour les billets. Idem pour prendre une sorte de charrette à destination de la rivière. Pas d’attente pour notre homme. Son secret : un cousin guide sur place.

Lors du déjeuner, j’apprendrai que mon excellent hôte est un honnête fonctionnaire, portant haut les couleurs communistes et ne comprenant pas vraiment que la jeunesse se détourne désormais de son idéal, pour préférer les stars de la télé et les MacDo. Un témoin d’un changement de société auquel il ne participera pas. Une relique.









Cela dit, j’aurai pu m’en douter quand j’ai vu le pendentif Mao accroché au rétro.









 

Shuangxi driftage est une attraction très touristique : la descente d’une portion de rivière en bateau de bambou. Les bateaux partent par paquets de quinzaines, pour que les gens restent ensemble et puissent s’arroser joyeusement. C’est plutôt malin. Sans cela, ce serait une promenade charmante mais assez dénuée d’intérêt.








La suite de la visite est du même acabit. Des attractions diverses et pas vraiment en rapport avec la région permettront entre autres à l’audacieux visiteur de s’envoler en ballon vers les cieux.






 









L’auguste touriste pourra également développer son coup de pédale, et par la même occasion fournir une eau cristalline au faux lavoir du faux village.


 







Vous vous en doutez je garde le meilleur pour la fin.

Un stand de tir à l’arc offrira l’occasion au valeureux touriste, pour l’indigeste somme de 10 yuans les 5 flèches, de prouver sa bravoure et sa précision.

Un arc, deux options.

L’émérite visiteur peut tendre ses sens, son esprit et ses traits vers le centre de la grosse cible.

Mais il peut également opter pour une version sport, qui régalera les petits et les grands. Le champ de tir étant peuplé de quelques poules hardies, un tir habile et précis permet à l’heureux archer de gagner son repas du jour.


 

Malgré tous nos efforts et la promesse d’un met délicieux, les poules s’en sont tirées sans égratignure. Ce n'est pas une blague, un petit écriteau disait clairement que tout volatile abattu serait un cadeau de la maison. "Any Prey is a gift to you if hunted. Objects outside the yard, Persons or the Sky are never your targets."

Tant pis, nous sommes repartis penauds, broucouilles.

Cependant grâce aux bons conseils du père coco, nous avons pu nous restaurer dans un excellent boui-boui. Uniquement d’animaux attrapés dans le coin : sangliou chassé dans les montagnes, poissons et crabes de la rivière et tofu qui pue.

Une très bonne journée, qui s’est clôt pour ma prof par une séance de shopping hangzhouien (aidez-moi là) avec sa mère, laissant le père repartir gaillardement vers le domicile.

Quant à moi, et bien je jetai mon dévolu sur la pagode de Baochu et ses rochers peuplés de chinois sauteurs. Avant d’entamer un samedi soir sur les bords du lac.



par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Jeudi 18 août 2005
Je voulais vous faire un petit résumé de l’actu chinoise ce matin, mais ce n’est pas folichon du tout aujourd’hui. En plus il pleut.

Au programme donc :
Une pénurie d’essence à Guangzhou,
L’avancée de la coopération militaire sino-russe, à travers le lancement d’exercices militaires en commun. A noter : la marine française a déjà participé à de tels exercices en 2004.
Les relations diplomatiques avec de nouveaux pays, notamment le Bangladesh et le Kenya.
Les tensions sino-japonaises, certains étudiants font cependant des efforts. (il faudra que j’en parle de ça)
Des projets, encore des projets, toujours des projets.
Donc rien de croustillant.
Un peu plus originales, pour certaines nouvelles :
Beijing se cherche une mascotte pour les Jeux. Hésitations entre Monkey King, le Panda et l’antilope tibétaine.
Un américain s’est fait piéger en retirant de l’argent à Shenzhen. Rappel des conseils de prudence.
Un touriste foudroyé sur la Grande Muraille, à cause de son portable.
L’ouverture prochaine de Disneyland Hongkong n’émeut guère.

Les Journées Mondiales de la Jeunesse ne sont bien évidemment mentionnées nulle part. Il faut croire que 400 000 personnes, c’est une paille pour les Chinois. Communisme quand tu nous tiens.
Et enfin l’arrivée des jolies miss à Xi’an, pour l’élection de Miss Asia 2005. J’espère que ça passe à la téloche.

par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Lundi 15 août 2005
J'ai passé le week-end dernier à Shanghai. J'y ai retrouvé l'ami Pierre et fait la connaissance d'un bon groupe de frenchies très enjoués. Bon j'avais un peu l'estomac dans les talons à cause de ces fichus chinois et leur maîtrise redoutable des dés. Mais c'était un bon samedi soir tout de même, bien dans les règles de l'art.

Je me suis aussi permis quelques visites, dont la tour Jin Mao, sympatoche (voir photos).

Et puis j'avais opté pour le bus, qui s'avère très agréable et moins foutoir que le train. J'ai pu demander mon billet pour Hangzhou quasiment comme un grand… enfin comme un chinois.
Je dis quasiment parce que quand elle m'a demandé plusieurs fois si je voulais partir aujourd'hui, je n'ai pas été foutu de comprendre.
Puis dans le bus, je me suis rappelé que je n'allais pas à Hangzhou mais à Lin Ping (qui est un peu avant Hangzhou sur la route). Donc si je pouvais me faire lâcher dans les environs, ça m'éviterait une heure de trajet supplémentaire.
Alors je me suis lancé:
- Moi habiter Lin Ping! Possible / pas possible d'arrêter…
- NO!!! (dans un anglais puissant et rigolard, avant que je puisse finir ma phrase)

Tant pis. Pour une fois que j'essayais.
Je me suis endormi devant un film de Kung Fu.

Et pour tout vous dire, là je suis cassé, je vais sûrement aller me faire couper les cheveux (en plus du massage d'une heure, oui les salons de coiffure sont très bien ici… pour 3 euros)


par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Dimanche 14 août 2005
Ca faisait déjà plusieurs fois que les gens étaient surpris quand je leur disais avoir 22 ans. Je suis de novembre 1982, donc j’aurai 23 ans dans quelques mois.
Quand ils apprennent ma date de naissance, ils s’exclament en rigolant "aaah non ! Tu as bien 24 ans, pas 22"
Bin voyons ! Après ça on me baratine des histoires de calendrier chinois. Mais quand je leur demande quel âge à un bébé, 1 an après sa naissance, on me répond des trucs vaseux du genre : "tu sais, on ne fête pas vraiment les anniversaires dans ma famille".
On m’a même dit "c’est mes parents qui m’ont dit que j’avais tel âge, je ne me suis pas posé la question"… Ca ne rime pas à grand-chose tout ça.
 
D'ailleurs ça me fait penser à cette autre grande fumisterie qu'est la loi de l'enfant unique. Aucun chinois n'a encore réussi à m'en expliquer tous les tenants et les aboutissants. Pourtant, à Hangzhou, il m'arrive de rencontrer des frères et soeurs. L'on me dit alors que c'est différent ici, que la loi n'est pas la même. Soit. A qui s'applique-t-elle alors? Quelles en sont les limites et que se passe-t-il si on la transgresse? Ca les bloque bien ça les chinois:
(Moi)- Qu'est-ce qui se passe si on a un deuxième enfant?
(Chinois lambda)- C'est interdit
- Je sais, mais ça peut arriver par accident. Donc si ça arrive?
- Non, ça ne peut pas, c'est interdit.
- Je comprends bien que c'est interdit, mais ça ne veut pas dire impossible. Je ne vais pas te faire un dessin...
- Je ne comprends pas de quoi tu parles.
- Tiens! regarde ce couple là-bas, ils ont 2 enfants! Comment ça se fait?
- Ah oui mais ici c'est différent, c'est pas interdit.
- Pourquoi?
- ...
- Et tu peux avoir trois enfants?
- Bah non, c'est interdit! Bon si on jouait aux dés?
- Mouais vas-y balance.
 
 Je ne trouve pas l’explication à ces 2 problèmes. Quelqu’un peut-il éclairer ma lanterne ?
par Matclair publié dans : Hangzhou
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Jeudi 11 août 2005

Autre exemple du blocage dont parle mon frère Nicolas.


Vu sur le site Shanghaiist, Google News serait débloque en Chine?

J’avais accès à Google News version anglaise depuis mon arrivée à Hangzhou. C’est vrai que désormais la version française est débloquée, et que l’anglophone est beaucoup plus rapide.

Ce dont l’article ne parle pas, c’est du contenu proposé par ce site en Chine. Récemment arrivé en Chine, Google, à l’instar de son concurrent Microsoft, a accepté de jouer avec les règles du jeu pour pouvoir pénétrer ce marché prometteur. C’est-à-dire filtrer les requêtes afin de rester dans la législation chinoise. Ils ne l’ont avoué publiquement qu’à demi-mot.

La version chinoise de l'outil blog proposé par Microsoft permet de faire apparaître des messages d'avertissement lorsque certains mots comme "démocratie" ou "manifestation" sont écrits en chinois. Le système, particulièrement sophistiqué, est conçu pour réagir selon la combinaison des mots employés. Il est souligné que Microsoft s'était associé en mai 2005 à une société dirigée par le fils de l'ancien président chinois Jiang Zemin et que Google va établir prochainement des accords similaires en Chine. L'auteur ajoute que la censure s'effectue également en Chine par une police de l'Internet et que tous les blogueurs et détenteurs de sites doivent être référencés auprès du gouvernement avant le 30 juin 2005, faute de quoi leur site sera supprimé.

Source : Microsoft, censeur zélé de la liberté d'expression en Chine, Brice Pedroletti, Le Monde, 16 juin 2005


Ce ‘déblocage’ arrive-t-il parce que le moteur de google news a désormais intégré les outils de censure et peux ‘librement’ (dés)informer les internautes?
 

 
par Mathieu publié dans : Hangzhou
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Mardi 9 août 2005

De la folie ce début de semaine au bureau.

Le boss de Hongkong arrivait hier. Donc tout le monde prépare son powerpoint, le nez dans le guidon, pour faire une belle présentation. Les fronts sont trempés, les doigts glissent sur les touches. Bref les troupes ont peur. C’est l’inspection.

Moi… peinard, mon chef m’avait dit qu’il s’occupait des diapos. Il m’avait aussi dit qu’il les ferait traduire en anglais pour moi, en marmonnant qu’on le préparerait ensemble. Sympa.

Puis aujourd’hui, il m’envoie le fichier à 9h. Il y a une diapo laissée vide dedans, c’est pour Bibi. Je commence à remplir ça, puis à 9h10, mon chef vient me voir : « il faut que tu viennes dans la salle de réunion, on t’attend ». Faut savoir alors je remplis ma diapo ou bien je vais en réunion ? Les deux mon capitaine. Un bâclage de diapo et quelques secondes plus tard, me voici dans mon fauteuil tout cuir, devant une présentation futuriste d’un nouveau projet censé résoudre la faim dans le monde. Oui les chinois ont de grandes idées. Et ça tourne souvent au n’importe quoi.

Vient le tour de mon chef, il se lève en rigolant, demande s’il doit faire la présentation en anglais. On lui répond oui et il se lance, au bout de 18 secondes il repasse au chinois. Ca dure un temps, puis le boss de Hongkong lui demande qui fera la présentation devant le « foreigner » demain. Il répond Mathieu, ce félon. Et me voilà avec un powerpoint à peine lu, en train de présenter un projet révolutionnaire devant les chinois… Je me sens loin de chez moi, d’un coup.

Aujourd’hui ce n’est que la répétition générale. Les potes du boss de Hongkong, les huiles, arrivent demain.

Un peu plus tard, après le tollé avorté, un petit groupe s’est formé près de mon bureau. Ca discute des grands pontes de demain. Ils voudront aller se promener près du Lac de l’Ouest, et il leur faudra quelqu’un.

On se tourne vers moi : « Hé ! Ca te dirait de les accompagner là-bas ? Tu connais bien le lac ».

Moi, consterné : « vous habitez tous ici, triple buses ! C’est quoi ce piège ? »

Eux : « on n’y va jamais au lac, tu y étais ce week-end »

 Qu’est-ce qu’ils ne feraient pas pour fuir les coups durs…

Finalement ils réfléchissent un peu, et constatent que la visite du lac, c’est pendant ma présentation demain…

C’est dommage, trimballer les ancêtres aurait pu être marrant. Comme ça j’aurais pu lâcher mes premières business cards en toute bonne foi.

Mais d’ailleurs, s’ils ne viennent pas regarder les présentations, ils viennent pour quoi ?

C’est peut-être une opération façade pour supprimer un concurrent ou venir chercher une cargaison de came. Ca va sentir l’entrepôt brûlé ce soir.

 

par Mathieu publié dans : Hangzhou
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