De la folie ce début de semaine au bureau.
Le boss de Hongkong arrivait hier. Donc tout le monde prépare son powerpoint, le nez dans le guidon, pour faire une belle présentation. Les fronts sont trempés, les doigts glissent sur les touches. Bref les troupes ont peur. C’est l’inspection.
Moi… peinard, mon chef m’avait dit qu’il s’occupait des diapos. Il m’avait aussi dit qu’il les ferait traduire en anglais pour moi, en marmonnant qu’on le préparerait ensemble. Sympa.
Puis aujourd’hui, il m’envoie le fichier à 9h. Il y a une diapo laissée vide dedans, c’est pour Bibi. Je commence à remplir ça, puis à 9h10, mon chef vient me voir : « il faut que tu viennes dans la salle de réunion, on t’attend ». Faut savoir alors je remplis ma diapo ou bien je vais en réunion ? Les deux mon capitaine. Un bâclage de diapo et quelques secondes plus tard, me voici dans mon fauteuil tout cuir, devant une présentation futuriste d’un nouveau projet censé résoudre la faim dans le monde. Oui les chinois ont de grandes idées. Et ça tourne souvent au n’importe quoi.
Vient le tour de mon chef, il se lève en rigolant, demande s’il doit faire la présentation en anglais. On lui répond oui et il se lance, au bout de 18 secondes il repasse au chinois. Ca dure un temps, puis le boss de Hongkong lui demande qui fera la présentation devant le « foreigner » demain. Il répond Mathieu, ce félon. Et me voilà avec un powerpoint à peine lu, en train de présenter un projet révolutionnaire devant les chinois… Je me sens loin de chez moi, d’un coup.
Aujourd’hui ce n’est que la répétition générale. Les potes du boss de Hongkong, les huiles, arrivent demain.
Un peu plus tard, après le tollé avorté, un petit groupe s’est formé près de mon bureau. Ca discute des grands pontes de demain. Ils voudront aller se promener près du Lac de l’Ouest, et il leur faudra quelqu’un.
On se tourne vers moi : « Hé ! Ca te dirait de les accompagner là-bas ? Tu connais bien le lac ».
Moi, consterné : « vous habitez tous ici, triple buses ! C’est quoi ce piège ? »
Eux : « on n’y va jamais au lac, tu y étais ce week-end »
Qu’est-ce qu’ils ne feraient pas pour fuir les coups durs…
Finalement ils réfléchissent un peu, et constatent que la visite du lac, c’est pendant ma présentation demain…
C’est dommage, trimballer les ancêtres aurait pu être marrant. Comme ça j’aurais pu lâcher mes premières business cards en toute bonne foi.
Mais d’ailleurs, s’ils ne viennent pas regarder les présentations, ils viennent pour quoi ?
C’est peut-être une opération façade pour supprimer un concurrent ou venir chercher une cargaison de came. Ca va sentir l’entrepôt brûlé ce soir.
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